Loi de Laborit : loi du moindre effort

Le principe de Henri Laborit

Le principe de la loi de Laborit (ou loi du moindre effort) est le suivant: nous avons tendance à faire en premier les activités faciles ou agréables parce qu’elles sont plus motivantes.

En d’autres termes, ce principe met en relief que nous préférons faire d’abord ce que nous aimons, ce que nous pouvons finir rapidement et ce que nous savons faire.

Nous avons donc tendance naturellement à choisir des tâches qui nécessitent peu d’efforts ce qui nous conduit à reporter sans cesse certaines actions (procrastination).

En quoi la loi de laborit est-elle intéressante ?

Il est intéressant de connaître ce principe afin d’opérer, dans un premier temps, une prise de conscience puis, dans un second, d’instaurer la discipline de commencer par les tâches les plus importantes même si elles sont complexes ou ennuyeuses. Comme disent les anglais : put first things first. 

L’organisation de la journée tient une part importante dans l’atteinte de cet objectif :

        • le matin, jusqu’à 11h, effectuez les tâches qui demandent le plus de concentration. C’est le bon moment pour entamer les sujets les plus prioritaires y compris s’ils sont ennuyeux ou s’ils nécessitent de recoupement de plusieurs sources d’informations. Parcourez rapidement vos emails et répondez aux plus urgents. Laissez les moins urgents (càd ne nécessitant pas une action immédiate) à plus tard.
        • de 11h à 14h: lire/répondre aux e-mails avant la pause déjeuner. C’est vers cette période de la journée que nous commençons à manquer d’énergie. C’est également une bonne période pour placer les réunions qui demandent moins de concentration (ex: un call où vous n’êtes pas amené à participer activement, une formation qui ne demande pas d’effort, etc)
        • de 14h à 16h: effectuez des tâches que vous aimez et qui vous passionnent. Idem que la période du matin, c’est le moment de faire les tâches qu’on aurait tendance à remettre à plus tard.
        • 16h et au-delà: terminez les sujets qui nécessitent du clame (le bureau commence à se vider) et entamez la phase atterrissage de votre journée. Ne pas oublier de planifier la journée du lendemain
        • Pour les plus courageux, pensez à commencer votre journée 30 min ou une heure plus tôt que d’habitude.

Les tâches de dernière minute ou les urgences:

A certains égards, les urgences et les tâches de dernière minute tombent également sous la coupe de la loi du moindre effort. Effectivement, nous sommes attirés par ces actions stimulantes (même si nous montrons une certaine anxiété face au caractère imprévu) au détriment de projets plus importants.

Etant donné qu’elles sont rapide à exécuter et procurent une satisfaction immédiate, nous avons toujours tendance à les privilégier. Ajoutez à cela le sentiment de culpabilité lorsque nous disons « non » à un collègue (ou à l’organisation) face à une urgence.

Les personnes qui se font happer par les urgences fournissent pendant de longues heures un véritable travail de résolution de problèmes en plus de leur fonction/mission première. Ceci est donc doublement pénalisant.

Connaître la loi de Laborit permet une prise de conscience et de chercher à proscrire les urgences. Bien entendu, il faut toujours faire face aux vrais imprévus mais si vous y prêtez attention, vous remarquerez qu’une grande majorité sont de « fausses urgences » : mauvaise planification, manque d’organisation, outils de travail inadéquats, etc

Il y a quelques années, la production d’une usine allait s’arrêter car le poste goulot n’arrivait pas à changer l’outil de fabrication. Pour changer cet outil, l’opérateur avait besoin d’une clé allen qui coûte quelques euros et qui avait été fournie en plusieurs exemplaires quelques mois auparavant.

Ces clés de petite taille se perdaient pour une raison ou une autre sans que personne n’alerte sur leur niveau de stock. Cette situation perdura jusqu’au jour où il n’y en avait plus dans l’usine. Même au département maintenance ou ingénierie, ils avaient donné leurs dernières clé aux opérateurs. Personne ne pensa à déclarer ces pertes et toutes les personnes qui donnèrent cet outil pensaient bien faire en réglant une urgence.

Lorsqu’on m’appela à ce sujet un vendredi à 22h, j’étais déjà sur la route bien loin de l’usine. Une solution fut trouvée pour ne pas arrêter l’usine mais le principe du moindre effort ou celui très similaire de la matrice d’Eisenhower (Urgent – Important) me permit de ne pas me réjouir de cette satisfaction immédiate mais plutôt de chercher à régler ce sujet à long terme.

Le lundi, il n’était pas aisé d’impliquer les équipes pour régler un problème alors que l’urgence avait été écartée. C’est l’illustration parfaite de la loi du moindre effort : une satisfaction immédiate au détriment d’une satisfaction long terme.

Personne ne s’est soucié de qui a pris sa voiture un vendredi soir avec un enfant en bas âge pour apporter son propre outil à l’usine. Néanmoins, quelques personnes ont fait office de locomotive il y a eu un effet de momentum : des ingénieurs et techniciens méticuleux ont mis en place les systèmes (pourtant simples) pour qu’une telle urgence ne se reproduise plus.

Ceci montre que le principe est applicable pour soi mais qu’il est encore plus difficile de le mettre en œuvre en équipe.

Quel lien avec les autres principes

En lisant les autres articles de ce blog, vous réaliserez que finalement tous ces principes se rejoignent et c’est tant mieux : c’est un signe de cohérence entre les différentes sources.

A titre d’exemple, ce même principe est évoqué dans :

GESTION DU TEMPS: RANDY PAUSCH – THE LAST LECTURE

APPRENDRE À GÉRER SON TEMPS PAR CHARLINE LICETTE

Loi de Parkinson appliquée à la gestion de projets

Mais mon livre coup de coeur reste le grand classique Les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent de Stephen Covey. L’auteur y décrit ce principe dans l’habitude numéro #3 : Donner la priorité aux priorités.

Dans ce chapitre, Stephen Covey illustre cette approche avec les mots suivants:

Pour vivre ce principe, nous dépendons essentiellement de notre volonté, de notre autodiscipline, de notre intégrité et de notre engagement, non pas envers des buts à court terme et des impulsions soudaines, mais envers de justes principes, envers nos plus profondes valeurs, envers tout ce qui confère un sens et un cade à nos buts, à nos plans à notre vie.

Une grande partie de ce chapitre est consacrée à un outil intrinséquement lié : la matrice d’Eisenhower ou matrice urgent-important dont j’ai fait un article séparé et pour laquelle j’ai développé un outil gratuit disponible sur Matrice d’Eisenhower -Template.

VOUS AIMEREZ MES AUTRES ARTICLES SUR CE SUJET:

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