PSA: la dernière voiture de l’usine d’Aulnay sortira le 25 octobre

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558646-chaine-de-montage-a-l-usine-psa-peugeot-citroen-d-aulnay-sous-bois-seine-saint-denis-le-28-janvier-2La dernière voiture fabriquée sur le site PSA Peugeot Citroën d’Aulnay-sous-Bois sortira le 25 octobre de la chaîne de montage de l’usine, qui ne produira plus que des pièces détachées jusqu’à sa fermeture définitive en 2014.

PSA avait annoncé fin août que la production de voitures s’arrêterait fin octobre sur ce site de Seine-Saint-Denis. Le dernier véhicule, une Citroën C3, sera finalement livré le 25 octobre, a annoncé à l’AFP un porte-parole du groupe.

«Vendredi 25 octobre 2013, sortie du dernier Citroën C3 de l’usine d’Aulnay. Mais le combat continue. Objectif: un CDI pour tous», a de son côté écrit Tanja Sussest, déléguée du syndicat SIA, majoritaire à Aulnay, sur son compte Twitter.

Cinq mois après le début de la mise en oeuvre du plan prévoyant 8.000 suppressions d’emploi, dont 3.000 à Aulnay, l’usine ne peut plus tourner faute de salariés en nombre suffisant, a dit le porte-parole de PSA. Cette situation «montre que le reclassement des salariés avance», a-t-il affirmé.
Lors de l’annonce de la fermeture de l’usine, en juillet 2012 dans le cadre d’un vaste plan de restructuration du groupe, cette dernière employait 3.000 salariés en CDI et 400 intérimaires.

Une grève dure l’avait paralysée entre janvier et mai. L’action avait divisé syndicats et salariés.

Depuis, elle ne produisait plus qu’au compte-gouttes en raison des absences nombreuses des ouvriers reclassés en interne, suivant des formations de reconversion, se rendant à des forums de recrutement ou ayant trouvé un emploi à l’extérieur.

‘Cela va être difficile’

Selon la direction, près de 2.000 salariés ont adhéré à l’une des mesures de reclassement. Parmi eux, un tiers sont partis vers d’autres sites du groupe, un tiers ont trouvé un nouvel emploi ailleurs. Un tiers ont adhéré au congé sénior ou ont créé leur propre entreprise.

«Il reste 1.000 salariés en cours de reclassement, dont 300 à 400 personnes qui ne se sont pas encore manifestées» auprès du groupe pour indiquer quelle solution elles envisagent, selon le porte-parole.

Pour les syndicats, la fin de la production de voitures sur le site d’Aulnay, qui pouvait produire à plein régime environ 700 voitures par jour, sonne le glas de l’activité de l’usine, inaugurée en 1973.

La direction assure que l’activité industrielle sera maintenue sur le site jusqu’en 2014, comme elle l’avait promis, avec la production de pièces détachées.

Ces pièces seront ensuite expédiées vers d’autres sites du groupe, qui a prévu de supprimer plus de 11.200 emplois en deux ans face à l’effondrement de ses ventes en Europe.

«En réalité, il n’y a plus d’activité sur le site, il ne s’y passe plus rien», affirme Jean-Pierre Mercier, délégué syndical CGT. «Aujourd’hui, il y a un millier de personnes qui tournent en rond dans l’usine, qui n’ont absolument rien à faire».

La phase de départs volontaires du plan social doit prendre fin le 31 décembre. Elle sera suivie d’une phase contrainte, pendant laquelle la direction doit proposer des reclassements en interne, avant l’envoi des premières lettres de licenciement le 1er avril.

«On s’inquiète pour ceux qui n’ont pas de solution. Vu le marché du travail et la conjoncture actuelle, ça va être difficile», estime Tanja Sussest, qui regrette «le silence» du gouvernement sur ce dossier et aimerait une nouvelle réunion tripartite entre le groupe, l’Etat et les syndicats.

Lors de l’annonce de la fermeture du site, la première usine automobile en France à fermer depuis 20 ans, le gouvernement avait vertement tancé le constructeur automobile. «Le plan de PSA n’est pas acceptable, il doit être renégocié», avait dit le président de la République, François Hollande.

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