Portrait : Arthur de Soultrait, PDG de Vicomte A

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PORTRAIT – Arthur de Soultrait, PDG de Vicomte A, est un jeune entrepreneur à succès qui semble sorti des pages d’un roman.

Il est jeune. Il est talentueux. Il a la désinvolture des jeunes gens bien nés et la fougue de ceux qui osent. Sa marque de prêt-à-porter Vicomte A séduit. Ses polos, ses chemises, ses pull-overs se vendent à Paris, Toulouse, La Baule, Deauville, Prague, Salzbourg. La «petite» entreprise qui compte déjà 400 points de vente, a ouvert il y a quelques semaines sa plus belle boutique en Europe, à Madrid.

Pippa Middleton est l’une de ses amies. Lors de son récent passage à Paris pour assister au tournoi de Roland Garros, la jeune femme passionnée de mode a dîné avec lui au restaurant Cinq Mars. Stephane Bern et Bernard de la Villardière posent volontiers à ses côtés. Le premier ministre François Fillon et la ministre de l’Economie Christine Lagarde portent ses vêtements.

La PME de 50 salariés dont Arthur de Soultrait est l’animateur, l’agitateur, et l’actionnaire, connaît une irrésistible ascension. Malgré la crise, elle continue de dégager des bénéfices. Elle a atteint 11 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2010 contre 6 millions en 2009. Elle vise les 13 millions cette année. Elle veut s’implanter à Londres chez Harrods, Bruxelles, Geneve, Milan et se développer au Brésil.

L’aventure a débuté par hasard. Etudiant en troisième année à l’Ipag, Arthur de Soultrait effectue en 2004 un stage à Charlotte en Caroline du Nord aux Etats-Unis. Il se retrouve sans le sou quand l’entreprise où il travaille fait faillite. Il  décide de faire du porte à porte pour vendre un stock de cravates achetées en Italie. Il gagne 1200 dollars pendant la semaine de Noël, paie son hôtel et rentre en France. Il continue de vendre des cravates pour assurer son indépendance financière en poursuivant ses études. Fasciné par la mode, il accomplit un stage de six mois au service achat des Galeries Lafayette. Il y apprend l’un des secrets qui explique sa réussite : savoir choisir les fournisseurs. Il lance sa marque Vicomte Arthur qui devient rapidement Vicomte A en avril 2005. «Le nom m’a été soufflé par des amis américains. C’était un délire, mais ils m’ont convaincu de jouer sur cette particularité», raconte-t-il.  Il apprend le métier. Une certitude l’anime : il est décidé à briser les codes compassés de l’art de vivre haut de gamme à la française.

Il aime les couleurs vives. Sa couleur préférée est le fuschia. Son premier produit : «une cravate aux couleurs fraîches». Encore étudiant, il décroche fin 2005 le contrat qui lance sa petite entreprise. Il est choisi comme fournisseur des cravates de la délégation française qui fait tout pour que Paris accueille les Jeux Olympiques en 2012 . «L’appel d’offres est tombé entre Noël et le jour de l’An, alors que les grandes marques étaient fermées. Accompagné d’un designer, j’ai été le seul à répondre rapidement… et à décrocher le contrat de 2 000 cravates», se souvient-il. Il obtient un corner évenementiel aux Galeries Lafayette. Ses polos battent tous les records de vente. Ses produits réalisent aujourd’hui encore la meilleure rentabilité au mètre carré aux Galeries Lafayette.

Grâce à ce premier contrat prestigieux si difficile à décrocher pour les créateurs d’entreprise, Arthur de Soultrait investit et joue la qualité. Il étoffe sa gamme. Les chemises sont fabriquées en Italie. Les polos au Pérou. Sa marque est le partenaire de la Fédération française de Polo et des championnats d’Europe de Polo.Vicomte A. Elle parraine le Club des Gentleman Riders, le Polo Club de Palm Beach, celui de Gstaad, de Saint Tropez, et a choisi comme ambassadeur dans le monde équestre, le triple champion du monde Rodrigo Pessoa. Les succès s’enchaînent. Arthur de Soultrait ne possède que deux boutiques à Paris et à Palm Beach où son frère vit et développe la société en misant sur la franchise. Après les hommes, la jeune société qui deviendra peut-être un jour le Ralph Lauren français propose des vêtements pour les  femmes et les enfants. Surfant sur la réussite, le chef d’entreprise de 28 ans qui a passé son enfance en Bourgogne, est bien décidé à aller encore plus loin en restant fidèle à la devise de sa marque, «l’instinct chic». Il est vrai qu’il est difficile d’imaginer que quelque chose résiste à un entrepreneur dont le film préféré est Robocop.

Source :  Le Figaro 23/06/2011

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